IA et biostatistique clinique : enjeux, données et réglementation

Logo de l'entreprise Excelya Auteur : Samantha Labarbe & Célia Wilson
Publié le : 07/07/2026
Clock icon Temps de lecture estimé : 4 min
 
 

Résumé exécutif

Principaux enseignements sur l’état actuel et les applications concrètes de l’IA dans le développement clinique.

 
 

1

L’adoption de l’IA dans le développement clinique reste à un stade précoce. Selon une enquête menée en 2025 par le Tufts CSDD, 36,9 % des organisations n’utilisent actuellement ni l’IA ni le machine learning dans les activités de développement clinique évaluées. [1]

2

L’IA apporte une réelle valeur ajoutée lorsque les données sont difficiles à structurer. Selon les études, jusqu’à 80 % du contenu des dossiers médicaux électroniques est non structuré, tandis que des modèles de NLP validés permettent d’extraire de manière fiable les informations cliniques pertinentes des notes médicales. [4,5]

3

Pour les sponsors, l’opportunité la plus concrète réside dans une IA adaptée aux besoins et encadrée par une gouvernance robuste, afin d’améliorer l’efficacité tout en préservant la rigueur statistique, la crédibilité réglementaire et l’intégrité scientifique. [7,8,9]

 
 
 

Biostatistique clinique & intelligence artificielle

La biostatistique clinique face aux nouveaux défis

 
 

La biostatistique clinique entre dans une nouvelle phase, portée par une croissance sans précédent des données, une complexité croissante des protocoles, l’évolution des exigences réglementaires et l’émergence de solutions basées sur l’IA. Celles-ci permettent aux équipes de gagner en efficacité tout en préservant la rigueur scientifique. Face à la pression croissante pour accélérer le développement sans compromettre la qualité ni la conformité, comprendre le rôle de l’IA dans les stratégies modernes de biométrie est devenu un enjeu scientifique et opérationnel majeur.

Les facteurs qui accélèrent la transition : pourquoi l’IA devient essentielle en biostatistique clinique

En 2026, la biostatistique clinique atteint un point de bascule. Le volume des données et la complexité des protocoles dépassent désormais les capacités des approches manuelles traditionnelles. Des travaux publiés par le Tufts Center for the Study of Drug Development (CSDD) et TransCelerate montrent que les protocoles de phase III génèrent en moyenne 5,9 millions de points de données et que près d’un tiers des procédures ou données collectées ne sont ni essentielles ni directement liées aux objectifs de l’étude. Cette complexité accroît inutilement la charge pour les centres investigateurs et les participants, tout en augmentant les coûts et les contraintes opérationnelles. [3]

Complexité des protocoles

La conséquence ne se limite pas à une augmentation du volume de données, mais aussi à une multiplication des retouches et ajustements. Une analyse de référence menée en 2022 par le Tufts CSDD sur 950 protocoles et 2 188 amendements a montré que jusqu’à 76 % des protocoles faisaient l’objet d’au moins un amendement. Le nombre moyen d’amendements est passé de 2,1 en 2015 à 3,3, tandis que le délai moyen entre l’identification du besoin de modification et la dernière approbation réglementaire atteignait 260 jours. La complexité n’est donc plus seulement un défi analytique, mais aussi un enjeu de délais, de budget et d’exécution. [2]

L’importance stratégique de l’IA

C’est dans ce contexte que l’IA prend toute son importance en biostatistique. Non pas comme un substitut à l’expertise statistique, ni comme un simple effet de mode, mais comme un levier concret pour réduire les tâches répétitives, détecter plus rapidement les anomalies et exploiter efficacement des jeux de données toujours plus volumineux. Son adoption reste toutefois suffisamment précoce pour offrir un avantage compétitif aux sponsors. Selon l’enquête 2025 du Tufts CSDD menée auprès de 302 répondants issus de sponsors, de CRO et de fournisseurs de technologies, 36,9 % n’utilisent pas encore l’IA ou le machine learning, 30,3 % en sont aux phases de test ou de déploiement, et seulement 10,7 % ont pleinement intégré ces technologies. [1]

Exploiter tout le potentiel des données cliniques complexes

L’un des principaux leviers se situe à l’interface entre les données structurées et non structurées. Une étude publiée en 2024 dans PLOS ONE indique que jusqu’à 80 % des dossiers médicaux électroniques sont constitués de données non structurées. Elle montre également que les approches de traitement automatique du langage naturel (NLP) obtiennent d’excellents résultats pour des tâches ciblées de codification, avec un AUROC moyen de 0,96 et une précision de 0,97 pour les 100 codes CPT musculosquelettiques les plus fréquents étudiés (sur une échelle où 0,5 correspond au hasard et 1 à une classification parfaite). [4]

Ces performances ne remplacent pas la validation humaine, mais elles illustrent la capacité de l’IA à extraire à grande échelle des informations difficiles à exploiter par une revue manuelle seule. [5]

L’IA comme accélérateur

L’IA peut également renforcer la conception et la planification des essais cliniques, à condition de préserver les principes fondamentaux de la biostatistique. Des publications récentes sur les essais adaptatifs soulignent l’intérêt des simulations pour évaluer les choix méthodologiques, définir les caractéristiques opérationnelles et confirmer la faisabilité avant le lancement d’une étude. Dans ce contexte, l’IA doit être considérée comme un accélérateur de ces activités, et non comme un substitut au jugement biostatistique. [6]

Cette approche pragmatique est également soutenue par les autorités réglementaires :

La FDA, dans son projet de lignes directrices publié en janvier 2025 sur l’utilisation de l’IA pour appuyer les décisions réglementaires concernant les médicaments et les produits biologiques, recommande une évaluation de la crédibilité fondée sur les risques et adaptée au contexte d’utilisation.

L’EMA, dans son document de réflexion adopté en septembre 2024 sur l’IA tout au long du cycle de vie des médicaments, insiste également sur la qualité des données, la réduction des biais, la gouvernance, la supervision humaine ainsi que la maîtrise des risques pour les patients et les autorités réglementaires.

L’ICH E6(R3), adopté le 6 janvier 2025, renforce également les approches fondées sur les risques, la qualité dès la conception (« quality by design ») et l’adéquation aux objectifs (« fit for purpose ») dans la conduite des essais cliniques.

De l’innovation à la mise en œuvre

Le message des autorités réglementaires est clair : l’innovation est encouragée, à condition qu’elle soit traçable, maîtrisée et adaptée à son usage prévu. [7,8,9]

Le choix du partenaire

C’est pourquoi le choix du partenaire est essentiel. Les outils d’IA ne suffisent pas, à eux seuls, à sécuriser une stratégie de biométrie. Ce sont les équipes expérimentées, des processus qualité robustes et un modèle opérationnel intégré qui font la différence. Excelya s’appuie sur une équipe internationale de 150 experts en biométrie, comprenant des biostatisticiens et des programmeurs statistiques, avec en moyenne 10 ans d’expérience. Ils accompagnent les sponsors tout au long du développement clinique, de la conception du protocole jusqu’au rapport final. La véritable valeur ne réside pas dans l’automatisation seule, mais dans son intégration au sein d’un modèle capable de gérer les exigences réglementaires, méthodologiques et opérationnelles. [10,11]

À retenir

La biostatistique clinique est aujourd’hui à un tournant. L’augmentation du volume de données, la complexité croissante des protocoles, la multiplication des amendements et l’exigence d’accélérer les développements imposent de nouvelles approches. Utilisée à bon escient, l’IA permet aux équipes de se concentrer sur des tâches à forte valeur ajoutée, de simplifier l’exploitation des données et d’améliorer l’analyse de jeux de données complexes. Pour les sponsors qui adoptent une démarche pragmatique, fondée sur une gouvernance solide, des cas d’usage clairement définis et une expertise reconnue, elle représente une véritable opportunité de gagner en efficacité sans compromettre la rigueur scientifique. [1,2,3,7,8,9]

Déclaration facultative pour une publication externe

Cet article a été rédigé avec l’assistance d’un outil d’intelligence artificielle. L’ensemble des données, références et interprétations a ensuite été vérifié et validé à partir des sources officielles ou des publications citées avant sa publication.

Références

Sources et références

 
 

[1]

Lamberti MJ, Florez MI, Do H, et al. The Adoption and Use of Artificial Intelligence and Machine Learning in Clinical Development. Therapeutic Innovation & Regulatory Science. Publication en ligne le 29 mai 2025. doi:10.1007/s43441-025-00803-0.

[2]

Getz K, Smith Z, Botto E, Murphy E, Dauchy A. New Benchmarks on Protocol Amendment Practices, Trends and their Impact on Clinical Trial Performance. Therapeutic Innovation & Regulatory Science. 2024;58(3):539-548. doi:10.1007/s43441-024-00622-9.

[3]

Getz K, Botto E, Arques AC, et al. Insights Informing Strategies for Optimizing the Collection of Clinical Trial Data. Therapeutic Innovation & Regulatory Science. Publication en ligne le 29 décembre 2025. doi:10.1007/s43441-025-00899-4.

[4]

Tavabi N, Singh M, Pruneski J, Kiapour AM. Systematic Evaluation of Common Natural Language Processing Techniques to Codify Clinical Notes. PLOS ONE. 2024;19(3):e0298892. doi:10.1371/journal.pone.0298892.

[5]

Adejumo P, Thangaraj PM, Dhingra LS, et al. Natural Language Processing of Clinical Documentation to Assess Functional Status in Patients With Heart Failure. JAMA Network Open. 2024;7(11):e2443925. doi:10.1001/jamanetworkopen.2024.43925.

[6]

Robinson CH, Parekh RS, Cuthbertson BH, et al. Using Simulation to Optimize the Design of Adaptive Clinical Trials. Journal of the American Society of Nephrology. 2025;36(4):723-725. doi:10.1681/ASN.0000000565.

[7]

Agence européenne des médicaments (EMA). Reflection Paper on the Use of Artificial Intelligence (AI) in the Medicinal Product Lifecycle. Version finale adoptée en septembre 2024.

[8]

U.S. Food and Drug Administration (FDA). Considerations for the Use of Artificial Intelligence To Support Regulatory Decision-Making for Drug and Biological Products. Projet de lignes directrices. Janvier 2025.

[9]

International Council for Harmonisation (ICH). ICH E6(R3) Guideline for Good Clinical Practice. Version finale adoptée le 6 janvier 2025.

[10]

Excelya. Statistics & Programming.

[11]

Excelya. Excelya – Excelling with Care | Global Full-Service CRO.

Biostatistique clinique & intelligence artificielle

Regards d’experts

Experte métier

Samantha Labarbe

Biostatisticienne | Excelya

Biostatisticienne et programmeuse statistique avec cinq ans d’expérience, Samantha a contribué à plus d’une douzaine d’essais cliniques et d’études observationnelles en oncologie, cardiologie et ophtalmologie. Diplômée en pharmacie, elle associe son expertise thérapeutique à de solides compétences en programmation statistique et en analyse de données pour accompagner un développement clinique fondé sur les preuves.

Portrait de Samantha Labarbe, Biostatisticienne chez Excelya

Experte en innovation

Celia Wilson

Responsable AI Lab | Excelya

Experte en technologies avec un intérêt de recherche pour le traitement de l’information par l’humain et les interactions avec les machines. Forte de plus de 15 ans d’expérience au sein d’organisations pharmaceutiques internationales, elle pilote les initiatives liées à l’IA chez Excelya. Son dernier diplôme en psychologie porte sur les freins et les leviers de l’innovation technologique dans les affaires médicales.

Portrait de Celia Wilson, Responsable AI Lab chez Excelya

Questions fréquentes

 
 

Comment Excelya utilise-t-elle l'IA en biostatistique clinique ?

Excelya utilise l’intelligence artificielle pour accompagner les équipes de biostatistique clinique dans l’analyse de données complexes, l’automatisation de tâches répétitives, l’amélioration de la qualité des données et la détection précoce d’anomalies. L’IA complète l’expertise des biostatisticiens et des programmeurs statistiques sans jamais remplacer leur jugement scientifique ni les exigences réglementaires.

Pourquoi l'IA devient-elle essentielle dans les essais cliniques ?

Les essais cliniques produisent des volumes de données toujours plus importants et des protocoles de plus en plus complexes. L’intelligence artificielle aide les sponsors et les CRO à analyser ces données plus efficacement, à optimiser les processus et à accélérer le développement clinique tout en maintenant la qualité scientifique et la conformité réglementaire.

L'intelligence artificielle peut-elle remplacer les biostatisticiens ?

Non. L’intelligence artificielle ne remplace pas les biostatisticiens. La conception des essais, le choix des méthodes statistiques, l’interprétation des résultats et la validation des analyses nécessitent une expertise humaine. L’approche la plus performante associe les capacités de l’IA à l’expérience des biostatisticiens et des programmeurs statistiques.

Quelles réglementations encadrent l'IA clinique ?

L’utilisation de l’IA dans le développement clinique s’appuie notamment sur les recommandations de la FDA, le document de réflexion de l’EMA sur l’intelligence artificielle ainsi que la ligne directrice ICH E6(R3). Ces référentiels mettent l’accent sur une approche fondée sur les risques, la qualité des données, la validation des modèles, la gouvernance et la supervision humaine.

Comment déployer l'IA en toute conformité ?

Une mise en œuvre réussie repose sur une gouvernance claire, des cas d’usage définis, des processus de validation robustes et une supervision par des experts. Chez Excelya, les solutions d’IA s’intègrent aux services de biostatistique clinique et de programmation statistique afin d’améliorer l’efficacité tout en garantissant la qualité scientifique et la conformité réglementaire.

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